Epiceries locales et circuits courts, le duo est tendance

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Ce ne sont bien évidemment que des petites bribes de changements, souvent que de petites initiatives d’entrepreneurs particulièrement motivés, mais on sent renaître un intérêt pour les épiceries de proximité avec une particularité désormais : elles sont nombreuses à vouloir travailler avec des producteurs et transformateurs locaux pour s’inscrire dans la dynamique des circuits courts. Exemples – parmi d’autres – à Grenoble, Montréal et près de chez moi, en région liégeoise.

Direction tout d’abord « La Bonne Pioche » à Grenoble, lancée le 12 septembre 2016 par Bertile et Céline, deux jeunes entrepreneuses très attachées à la qualité de leur alimentation et qui ont eu envie de partager cette préoccupation avec d’autres via une épicerie où proximité, convivialité, aspect local et « zéro déchets » sont les maître-mots.

Pas d’emballages, pas de déchets

Ici, comme dans beaucoup de commerces d’alimentation désormais (à Toulouse a ouvert cette année sur le même principe Ceci & Cela), les produits sont proposés "en vrac". On vient avec ses contenants (sacs en toile, bocaux, bouteilles…) et on réduit de facto sa production de déchets. C’est une vraie tendance, notamment en France. On y reviendra infra.

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Tout aussi automatiquement, l’achat en vrac permet d’emmener exactement la quantité dont on a besoin en tant que client. A la clé, des économies mais encore une diminution drastique des risques de gaspillage.

La dimension locale et participative constitue une part importante de l’ADN du projet des deux Grenobloises. Elles ont ainsi pu compter sur le concours de 663 crowdfunders pour le financer en partie, à hauteur d’un peu plus de 33 000 euros.

Les fournisseurs du magasin sont la partie la plus visible du fonctionnement en circuit court. A « La Bonne Pioche », les pâtes, les fruits, les tisanes, les légumes, les bières mais aussi les cosmétiques ou produits d’entretien…viennent de la Région Auvergne Rhône-Alpes.

Tout n’est pas « bio » mais de qualité quand même, produit à proximité de la ville de Grenoble. L’initiative des deux jeunes femmes s’inscrit dans le soutien à l’économie locale, dans la création de liens de proximité (dans une épicerie, on se dit « bonjour ». ça paraît idiot. C’est en fait important !), dans la protection de l’environnement par la réduction des déchets et le raccourcissement des distances entre producteurs et clients, magasin et clients…

« La Bonne Pioche » est un bel exemple d’un commerce porteur de sens, éco-responsable, durable et citoyen.

Les fruits et légumes frais du dépanneur montréalais

L’épicerie de quartier, qui propose des fruits et légumes frais, peut aussi remplir un rôle social. C’est la conviction et la base même du projet-pilote « Dépanneur Fraîcheur » à Montréal.

Pour faire simple, les « dépanneurs » de quartiers montréalais « défavorisés » sont encouragés à proposer des fruits et légumes frais à prix abordables et à participer ainsi à une meilleure alimentation de leur clientèle souvent dépourvue de véhicule et ne disposant que de faibles revenus.

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Pour ces clients, le « dépanneur » est le commerce le plus accessible. Le document que vous trouvez ici souligne les disparités qui peuvent exister dans l’accès à des aliments « santé » dans la ville. A Montréal, 40 % de la population n’a pas la possibilité d’aller, à pied, se fournir en aliments frais !

Quatre quartiers (Centre-Sud, St Henri, Lachine et Bordeaux-Cartierville) sont concernés dans cette première étape. 9 dépanneurs y participent. La marge de progression est importante : ils sont 900 à Montréal !

Les initiateurs du projet en sont convaincus : pour ce type de population, proposer des légumes et fruits frais devrait aussi participer à  mieux prévenir l’obésité et les maladies cardio-vasculaires.

Pour mettre toutes les chances de leurs côtés, les très nombreux partenaires soutenant le projet ont imaginé répertorier sur une carte interactive les commerces participants, et doter ceux-ci d’un visuel signalant leur appartenance au groupe des « Dépanneurs Fraîcheur ». Pour être accrédité, le commerçant doit proposer au moins quatre variétés de fruits et légumes, et ce à des prix raisonnables pour le consommateur, équitables pour les producteurs. Des organismes d’économie sociale encadrent le projet, tant du côté de l’approvisionnement que de celui de la gestion des déchets.

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Des expériences identiques existent. Aux Etats-Unis, le Healthy Corner Store Initiative poursuit les mêmes objectifs d’une offre alimentaire de meilleure qualité dans les commerces de proximité. A Philadelphie aux Etats-Unis, on dénombre plus de 600 comptoirs d’aliments sains dans les dépanneurs de la ville.

A New York, San Francisco, Toronto, Québec… on croise aussi des dépanneurs que l’on peut qualifier de « en transition »

Des initiatives dans ma région aussi, youpie !

Bien moins loin, dans la région liégeoise où je vis et travaille, on pointe quelques initiatives.

A Ferrières par exemple, dans le Condroz, deux amies ont lancé en 2015 "La Cop", un commerce dédié aux circuits courts et à la production locale que vous pouvez découvrir dans cette vidéo.

Preuve de l’intérêt du public pour la formule, même en milieu rural, le magasin va s’agrandir et il a créé un emploi de plus depuis son ouverture.

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Dans le même ordre d’idées, le centre ville de Liège vient de connaître fin septembre 2016 l’ouverture d’un magasin au nom on ne peut plus explicite : « Les Petits Producteurs ».  Situé en Neuvice, il est un des éléments de la Ceinture Alimentaire liégeoise. Eux aussi sont à découvrir dans cette vidéo

Toujours à Liège, un financement participatif est lancé pour une épicerie en vrac éco-friendly, « l’Entre-Pot », le projet de Caro et Marine, un succès auprès des internautes dès le début de la campagne de crowdfunding.

Theux, à quelques dizaines de kilomètres de là vient aussi de voir « La Casemate », un commerce « circuits courts » regroupant 21 producteurs ouvrir ses portes tout dernièrement…Et vous savez quoi ? Ce projet a fait aussi l’objet d’un reportage, preuve que les médias aussi s’intéressent à ces circuits courts.

Et vous, vous connaissez des initiatives similaires ? Si oui, n’hésitez pas à les communiquer via l’espace « commentaires » de cet article

Et sinon, vous êtes à quelle distance de ce type de commerce où acheter fruits et légumes frais ? Est-elle raisonnable et réalisable  à pied ?

Attention : se poser cette question peut générer un sentiment d’abandon…

Alain Wagener

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