Cap sur le nautisme pour la consommation collaborative

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L’industrie nautique française est leader mondial de la voile, du pneumatique, de la glisse, et parmi les premiers producteurs de bateaux à moteur. Elle représente plus de 5 000 entreprises, pour près de 40 000 emplois et plus de 4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Plus de 500 000 bateaux étaient en activité en 2013. 9 millions de personnes pratiquent occasionnellement le nautisme, 4 autres millions sont des plaisanciers réguliers. Il s’agit de toute évidence d’une activité importante dans l’hexagone. Elle pourrait le devenir encore plus avec l’émergence d’une offre collaborative toujours plus large, celle des locations entre particuliers, de quoi démocratiser encore la pratique du bateau.

Les chiffres du nautisme en France sont impressionnants. Parmi ceux-ci, un dernier a probablement retenu l’attention des promoteurs de solutions collaboratives, celui de la location de bateaux. En France, elle représente, tant en chiffre d’affaires qu’en nombre d’emplois, 5,5 % de l’activité nautique.

La consommation collaborative s’invite

C’est dans cette niche que depuis quelques années, de nouveaux acteurs apparaissent : les sites de locations entre particuliers, sur le même principe que pour les locations d’autos (buzzcar, drivy, ouicar…), de mobilhomes, de maisons, d’appartements (AirBnb) … Un propriétaire met en location son bateau, à un prix inférieur au marché « classique » de la location, via une plateforme web. Le candidat à la location s’identifie sur celle-ci aussi. Il doit d’ailleurs remplir un « cv nautique » en ligne. La société en charge de la plateforme propose elle conseils, vitrine, paiements sécurisés, assurance.

samboat

A la location, on trouve tous types de bateaux, du classique voilier au catamaran en passant par le bateau à moteur, le canot, la péniche, le kite-surf, le kayak… Des options peuvent exister, comme la demande, dans le chef du locataire, de présence d’un skipper professionnel pour la navigation. Les locations peuvent se faire à la journée ou pour des périodes plus longues.

C’est sur ce principe que fonctionnent sailsharing.com, samboat.fr, lebonvoilier.fr spécialisé lui, comme son nom l’indique, dans la location de voiliers de particuliers ou encore 1bateaualouer.fr dont les offres sont limitées géographiquement à la Bretagne.

Sur ces sites, l’offre de bateau est présentée par type, et/ou par localisation (région, ville, mer…).

location bateau

Le partage et la communauté

Cette vidéo résume le concept, dont la plus-value, outre le gain financier, réside bien évidemment, comme toujours en consommation collaborative, dans la rencontre, le partage d’expérience mais aussi, 2.0 oblige, dans le retour à la communauté que font les utilisateurs (loueur et locataire) via l’évaluation de l’interlocuteur et de la transaction.

Boaterfly.com offre les mêmes services, tout en ajoutant celui de la co-navigation. Il consiste pour un propriétaire de bateau à accueillir sur son embarcation, moyennant paiement, des voyageurs « équipiers ».

Si les « bourses aux équipiers » datent de bien plus longtemps, la démarche est ici un rien différente : ce n’est pas tant le savoir-faire marin qui est recherché chez l’accompagnant, mais bien le savoir-être, la qualité humaine, la convivialité de celui ou celle que l’on prend avec soi en navigation.
Des plateformes sont spécialisées dans cette co-navigation. On peut citer vogavecmoi.com qui existe depuis 2010 déjà et comptait fin 2014 26 000 membres dont 6000 propriétaires de bateaux. Clickandboat.com est une autre plateforme dédiée à cette formule de navigation partagée.

On peut encore signaler nautlidays.com, site européen, qui propose un ensemble de formules allant de la location entre particuliers à la location auprès de professionnels, sans oublier les régates avec skipper.

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Economiquement, quelles que soient les formules, ce « bateau-partage » est intéressant tant pour le loueur, qui amortit ainsi une partie des coûts de son bateau, que pour le locataire qui goûte aux joies de la plaisance tout en profitant de prix inférieurs à ceux du marché classique de la location.

Le "Nautic Start-up Contest"

Nombre des acteurs cités supra étaient présents au dernier salon nautique de Paris, en décembre 2014. La manifestation abritait pour la première fois la Nautic Start-up Contest, un concours réservé aux jeunes sociétés du web, ce que sont ces plateformes. Le lauréat de cette première édition est skippair.com qui met en rapport internautes et skippers professionnels.

Toutes ces solutions reposant sur le web et une autre approche de l’économie ont sans doute pas mal de perspectives de développement. Selon une étude récente de la Fédération des industries nautiques, 84 % des répondants aimeraient devenir des adeptes de la plaisance dans les dix ans. Le coût de ce loisir en freine toutefois 7 sur 10. La location représente assurément une alternative. En version collaborative, elle est encore moins chère…donc plus attirante sans doute !

Et comme on est dans le monde du 2.0, chaque service ou presque a sa petite vidéo explicative. Je ne résiste pas, en guise de « résumé » de tout ce qui précède, à vous proposer une autre animation. Avec ça, la location de bateaux entre particuliers ne devrait plus avoir de secret pour vous

Et comme le dit Georges tous les vendredis soir sur France 3 : "Bon vent !"

Alain Wagener

13 responses to “Cap sur le nautisme pour la consommation collaborative

  1. Bon article synthétique sur le sujet. Nous faisons aussi parti de ces nouveaux acteurs de la location de bateau entre particuliers, proposant en sus dans plus de 50 ports des services de check in et check out pour les propriétaires n’habitant pas à proximité de leur bateau : une sorte de Air Bnb, conciergerie en plus🙂

  2. le propos est très sympathique, dans l’air du temps …
    Bémol car je rejoins tout à fait Jérôme plus haut sur la réglementation et la notion de travail dissimulé à ne pas négliger. en outre les revenus locatifs sont bien sûr à déclarer par les propriétaires , il y a un seuil annuel … Il faut quand même préciser qu’aucune de ces plateforme ne se porte responsable de la location, ce qui est bien normal car elles ne sont qu’intermédiaires … au lire de quasi toutes les fameuses CGU il ressort majoritairement : la plateforme xxx ne peut vérifier ou garantir que toutes les informations soient exactes, complètes ou précises. Les propriétaires et/ou prestataires sont responsables de l’information qu’ils donnent de leurs bateaux, caractéristiques, options, etc… En gros vous louez un bateau à la plateforme (qui encaisse ne l’oublions pas la réservation et parfois la caution aussi) sur la seule et unique bonne foi de la plateforme.
    A l’arrivée c’est la surprise, si le bateau est "pourri" et bien ce sera pas la faute de la plateforme. Tant pis pour vous.
    Conséquences ? lorsque vous vous trouvez valises à la main sur le quai et devant ledit bateau : selon les frais d’annulation par exemple à moins de 30 jours vous pouvez perdre jusqu’à 100% de la réservation – des frais pour la gestion de l’annulation sont très souvent être facturés – il vous faudra vous débrouiller avec le contrat du propriétaire si c’est ce dernier qui l’a fait et faire valoir comme vous pourrez votre désir d’annulation. Les vacances sont gâchées, plus de bateau.
    C’est le cas de figure le plus sympathique. Au pire, vous vous retrouvez en mer, il vous arrive un pépin : panne, équipement de confort défectueux, etc… de la même façon débrouillez-vous avec le contrat du propriétaire, le solde de la location est payé, vous ne pourrez même pas négocier un rabais.
    Au final : vous avez payé non seulement la commission de la plateforme mais aussi, il ne faut pas l’oublier la commission d’un loueur professionnel dont les bateaux sont référencés sur la plateforme, et qui n’est même pas lui même parfois propriétaire des bateaux mais loue à des particuliers. Bref beaucoup d’intermédiaires non ? Pour comme suggéré plus haut profiter de prix inférieurs à ceux du marché classique de la location.
    Du côté des propriétaires particuliers au profil pépère : c’est bien de vouloir se faire 4 sous, mais vous entendre Messieurs m’assener devant votre voilier pourri je cite d’expérience : "ben quoi, vous vous attendiez à quoi, je ne suis pas un pro moi, vous croyez que j’ai le temps, c’est du boulot tout ça !! "… no comment.
    Que risque le propriétaire du bateau? une exclusion du site … bon d’accord, mais cela ne vous rendra pas vos vacances gâchées, ni même la moitié de vos sous. Et puis quoi ? les plateformes ne misent pas sur la qualité des bateaux engagés mais sur la quantité …
    Bref, la prochaine fois je prends un loueur professionnel et humain, qui mouille non seulement sa chemise mais aussi sa réputation,qui m’assure avant tout sécurité et ensuite bien être à bord.
    Je ne voudrais pas faire un procès d’intention, alors oui à la navigation collaborative, type bourse aux équipiers, mais attention aux start up du web et du n’importe quoi marketing car toutes ces solutions ne reposent QUE sur le web – sauf que nous ne sommes pas sur la réservation d’une nuit d’hôtel en ligne mais on parle ici, entre autre, de sécurité en mer.
    Un(e) usager(e) berné(e), mécontent(e).

    • Merci Sabine pour ce message assurément utile pour appeler chacune et chacun au sens des responsabilités d’une part, à la vigilance d’autre part.
      L’espace commentaires est ouvert pour cela aussi.

  3. Quand on lit "Sabine", on se dit qu’elle ressemble quand meme plus à un loueur "a l’ancienne" mecontent que le collaboratif vienne empiéter sur ses plates bandes plutot qu’à l’usagere bernée mécontente qu’elle prétend être…🙂

  4. Bonjour, je voile en famille depuis pas mal d’année alors oui je serais déjà vieille pour certains "jeunes" – et je précise que je ne loue rien du tout. mon propos n’est pas de dénigrer les nouvelles pratiques mais de signaler de faire vraiment attention aux surprises. j’ai eu largement le loisir depuis le temps de recevoir bon nombre de propositions de tarifs, de prestations, de me renseigner sur les pratiques, y compris sur les plateformes de location. Après une mauvaise expérience, on prends largement le temps de lire conditions générales de vente et pour les propriétaires et pour ceux qui louent … je l’ai dit plus haut, pas de procès d’intention, et je reprécise en outre que j’ai souvent eu le plaisir de naviguer grâce à des bourses aux équipiers sur divers sites et club de voile, ce qui est vraiment là de la collaboration entre des savoir faire ou de la découverte pour les débutants. le monsieur qui a posté plus haut (article sur legisplaisance) propose également un éclairage et une interrogation sur le sujet. Pour ma part je reste dans l’esprit du site de Mr Wagenner : "en veille positive de l’actualité" et en amoureuse de la mer et des savoirs faire, à chacun de faire le tri🙂

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