Espagne : absence de préoccupations environnementales dans le tourisme ?

plage steve c

Omniprésence du plastique, absence de tri sélectif…le tableau touristique espagnol n’est pas rose. En tout cas à en croire ma collègue Natacha qui y a un peu avalé ses tapas de travers cet été. Elle m’a livré ses observations et questionnements. Ce blog, c’est aussi un espace de débats et d’échanges. Je vous propose donc de la lire, et de donner vous aussi votre vécu en réponse, si vous êtes des habitués des zones touristiques espagnoles, ou d’ailleurs.

Natacha est une vraie consomm’actrice, vigilante sur sa consommation, son alimentation, privilégiant les circuits courts, attentive à la gestion des déchets ou à l’état de son potager. Le développement durable participe à son quotidien. Elle n’imaginait pas que ses vacances allaient la choquer en la matière. Et pourtant… voici son témoignage :

« Commençons par une chose qui est sûre, cette année, en vacances sur la côte méditerranéenne espagnole, j’ai trouvé le soleil et j’en ai pris plein les yeux avec de superbes paysages mais ma conscience en a pris un coup.
De retour de vacances, je me suis posée des questions sur les habitudes des autres en vacances mais aussi sur les choix des autorités dans les stations balnéaires.

Pas de recyclage

Commençons par le recyclage : je n’ai jamais vu un tel retour en arrière par rapport à chez moi ! Là-bas, on m’a dit de TOUT jeter dans la même poubelle ! Plastique, carton, déchets biodégradables, papier… ! Cela commençait fort. La suite a été du même tonneau.

Durant le séjour, la machine à laver est tombée en panne. Ma famille en a commandé une nouvelle. A la livraison, je demande au livreur s’il reprend l’ancienne machine (comme il est de coutume de le faire chez nous). La réponse est brève et étonnante : « Oui mais alors ce sera 100 euros de plus !!! » Voilà encore une fois qui n’incite pas à recycler les anciens électroménagers.

Quand je pars en vacances, j’aime découvrir la vie des locaux, je m’invite dans les petits commerces ou les supermarchés pour voir le coût de la vie, les habitudes, les produits . On apprend beaucoup en regardant les gens faire leurs courses.

En Belgique, il devient assez rare que j’achète des légumes ou fruits dans un sachet en plastique. Je privilégie le sachet en tissus que j’ai avec moi ou des sachets en papier. En vacances, autre surprise, je me suis faite réprimander par une employée du magasin : il faut mettre un gant en plastique pour prendre les légumes et mettre chaque légume ou fruit dans un sachet séparé, sachet en plastique bien évidemment ! A l’heure où tout le monde essaie de réduire la consommation de plastique, il est omniprésent dans les rayons en Espagne, remplaçant le verre qui serait utilisé chez nous pour les pots de pâtes à tartiner, les bouteilles de jus, les pots pour bébés, ..

Autre chose très étrange pour moi : aucune mise en valeur des produits de saison ou de la région, l’accent est mis exclusivement sur le prix le plus bas.

Mon séjour a duré deux semaines, je n’ai pas vu de produits bio. Peut-être sont-ils destinés aux magasins spécialisés, mais alors comment inciter les gens qui ne les connaissent pas à les découvrir et les tester s’ils sont absents des circuits classiques de distribution ?

Est-ce qu’une société en crise ne fait attention qu’aux prix des choses, optant pour le plastique bon marché, la nourriture low cost sans privilégier en aucun cas la qualité ?

plage photosylvia

A mon retour, j’avais énormément de questions et d’interrogations. Un collègue espagnol a tenté de me rassurer, m’affirmant qu’en dehors des milieux touristiques où recyclage et écologie semblent être les dernières des préoccupations, dans le reste de l’Espagne, les choses ne sont pas comme cela.
Pourquoi ? Quelles explications avancer ?
.
La raison est-elle économique ? Les autorités locales à ce point demandeuses de la présence de touristes préfèrent-elles de pas importuner les consommateurs étrangers avec des mesures et contraintes environnementales ? Ou le touriste a-t-il de manière générale une propension à oublier ses bonnes habitudes de tri et de consommation une fois en vacances ? Est-ce plus « facile » de ne pas recycler et ne pas avoir les bons gestes en vacances ?.
Mon étonnement reste grand »

Mieux en France

Je dois avouer que j’ai été surpris lorsque Natacha m’a raconté tout cela. Je ne suis pas allé en Espagne depuis très longtemps mais juste à côté, en France où j’ai pris mes vacances ces dernières années, je n’ai eu aucune difficulté à vivre en citoyen responsable comme je tente de le faire à la maison. J’en avais d’ailleurs fait un article sur ce même blog l’an dernier.

J’aurais pu le refaire à l’identique cette année. Je me contenterai de ces deux photos pour souligner la présence de la préoccupation durable dans le secteur touristique français.

Photo2989

L’une, c’est un rayon « bio » au cœur d’un espace magasin sur une aire d’autoroute, l’autre dans une laverie en libre service où le produit lessiviel mis à disposition est lui aussi bio.

Photo2994

A Londres aussi

Autre exemple bien plus rassurant, et qui permet de respecter aussi l’approche « verre à moitié plein de ce blog », cette photo d’un passionné de Londres, Olivier Moch. Il m’avait déjà fait suivre son vécu d’une visite de la capitale londonienne dans une optique locavore et respectueuse de l’environnement. Je vous l’avais proposé dans cet article.

Cette fois, il m’a fait parvenir une photo d’une serviette, avec ce commentaire : « Une excellente idée de l’université dans laquelle nous logeons : des conseils développement durable sur les serviettes des restos universitaires. Plusieurs milliers d’étudiants logent et/ou transitent sur le campus chaque jour. Si on y ajoute le personnel et, en juillet et août, les touristes, on peut toucher une masse importante chaque année. »

imperial college serviette

Vos témoignages

Et vous, quel est votre vécu ? Avez-vous aussi été confronté à une forme d’indifférence environnementale sur certains lieux de villégiature ? Ou, au contraire, vous êtes-vous réjoui de ce que vous avez pu observer en vacances en termes de préoccupations environnementales ?

N’hésitez pas à le partager via l’espace commentaires de cet article.
C’est aussi une des raisons d’être de ce blog, le partage de vécu et d’expériences
Allez-y, et d’avance merci !

Alain Wagener

Crédits photos :
Photosylvia
Steve C
Olivier Moch

5 responses to “Espagne : absence de préoccupations environnementales dans le tourisme ?

  1. Pour avoir été très souvent en Espagne, dans des grandes villes comme dans des petites stations balnéaires, je peux confirmer que le développement durable et l’environnement ne sont pas vraiment au coeur des préoccupations en matière de tourisme.

  2. Le collègue espagnol dont il est question dans l’article (mon collègue aussi donc, Sergio) me précise sur les réseaux sociaux qu’il n’y a pas que sur les côtes que l’activité touristique se rencontre en Espagne. Il me transmets aussi ce lien sur des offres d’écotourisme et d’agrotourisme. Cela pondère le vécu transmis par le témoignage. Je suis ravi de vous inviter à aller consulter ce site http://www.ecotur.es/agroturismo-ecoturismo-casa-rurales-turismo-rural-ecologico-y-responsable/menu/inicio_6_1_ap.html

  3. J’ai encore reçu d’autres commentaires sur les réseaux sociaux; Je vous les livre.
    Daniel m’écrit : "perso je vais chaque année a L’Escala (Espagne) dans un camping et un peu partout dans la ville il y a des conteneurs pour le tri sélectif et il y à a aussi un parc a conteneurs"

  4. Autre commentaire reçu sur les réseaux sociaux, celui de Laure "Je vais en Espagne tous les ans, pour voir ma famille. Sur la Costa Dorada, partout il y a des conteneurs de tri sélectif. Avec dans certaines villes neuves des containeurs en sous-sol tout ce qu’il y a de plus modernes et propres (on a les même partout). Par contre, dans le quartier de Salou que je fréquente, il y a d’énormes containers de tri mais dont l’entrée est toute petite et du coup, on ne peut pas y mettre grand chose.
    Sur toutes les plages il y a des poubelles souvent sélectives. en règle générale, les infrastructures sont là. Maintenant, dire que les gens en tiennent compte, c’est beaucoup dire. on retrouve des ordures partout (même si les plages sont nettoyées tous les matins). Et ça je ne saurais te dire si c’est le fait des Catalans autochtones ou des touristes…"

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