Les sociétés high tech s’occupent de vos salades !

Fujitsu1_500

De grandes sociétés technologiques comme Sony, Panasonic ou Sharp, lorgnent sur l’agriculture urbaine pour diversifier leurs activités. Leur savoir-faire propre appliqué à la culture de légumes donne déjà, alors qu’elles sont en phases de test, des résultats étonnants en chiffres de production. C’est ce que j’ai découvert dans un article du site http://www.treehugger.com dont je vous propose ici l’essentiel du contenu. L’occasion aussi de célébrer les 10 ans de ce site web branché développement durable.

Comme moi, Derek Markham, l’auteur de l’article à la base de celui-ci, aime que ses légumes soit cultivés en terre, qu’ils grandissent au gré de la météo, entre soleil et pluie, si possible dans un rayon de grande proximité et en respectant les standards du développement durable voire de la production biologique. Bien sûr comme moi, il adore ce qui vient de son potager.
Pour des convaincus, se nourrir ainsi, ce n’est déjà pas toujours simple. C’est très loin d’être une réalité pour les autres consommateurs, par désintérêt bien sûr, mais aussi parce que il n’est pas toujours possible de trouver ce type de production à proximité de chez soi, principalement évidemment si on vit en milieu urbain.

Essor de l’agriculture urbaine

La réaction à cette situation s’organise toutefois en de nombreux endroits. On observe un essor de l’agriculture urbaine, ou de projets s’y rapportant. Dans la région où je vis, l’Université de Liège a lancé le projet VERDIR consistant – pour faire simple – à transformer d’anciens entrepôts et bâtiments industriels (ce n’est pas ça qui manque !) en zones de production, basés par exemple sur l’aquaponie et l’hydroponie. Un autre ambitieux projet, celui de « La Ceinture Alimentaire liégeoise » (dont je vous ai parlé sur ce blog), entend lui aussi rapprocher géographiquement production agricole et consommateurs urbains.

sony led GE Reports

Des exemples identiques se rencontrent aux quatre coins du globe. Fermes sur les toits, ou fermes verticales, espaces potagers au cœur des villes, … les initiatives se multiplient pour donner naissance à un système alimentaire local résilient tout en réduisant l’empreinte écologique de notre alimentation.

Toutefois, il ne faut pas se leurrer, il n’y a sans doute pas assez de place dans les villes pour cultiver en pleine terre les céréales, fruits et légumes nécessaires pour nourrir les citadins.

L’avenir de l’agriculture urbaine passera probablement par une cohabitation d’une agriculture « conventionnelle » (et si possible raisonnée, voire mieux, bio) et d’une agriculture où la technologie permettra d’optimaliser la production. Je ne fais bien évidemment pas là référence aux OGM mais à l’utilisation de logiciels et outils de monitoring et de gestion de l’éclairage, du degré d’humidité, de la chaleur… C’est déjà une réalité. Certains y travaillent depuis longtemps mais l’accélération semble se produire, signe probable de la faisabilité économique de la chose. Pour preuve, l’implication de plus en plus marquée de grands groupes high tech. L’automation et des processus de production optimalisés, c’est leur marque de fabrique et c’est ce dont a besoin l’agriculture « indoor ».

Agriculture et haute technologie

Panasonic a lance à Singapour une unité de production de 10 sortes de légumes. L’entreprise espère rapidement pouvoir diversifier l’offre en la portant à 30 légumes différents d’ici trois ans. Aujourd’hui la capacité de production est de 3,6 tonnes annuelles.

Au Japon, Toshiba produit des légumes (épinards, salade…) à Yokosuka, dans une atmosphère stérile, et ce dans un bâtiment de 2000 m².

2000 m² aussi pour Fujitsu qui a transformé une usine de fabrication de puces électroniques en une unité de production de laitues « faibles en potassium », destinées aux personnes devant suivre un régime particulier en la matière.

De son côté, une ancienne usine Sony a été reconvertie en une ferme intérieure capable de produire 10 000 salades par jour ! C’est la plus grande ferme du type au monde. Les salades y poussent deux fois et demi plus vite que d’habitude, en utilisant à peine 1 % de l’eau qui leur serait nécessaire en agriculture « classique ».

Sharp fait pousser des fraises à Dubaï, avec l’objectif un peu fou d’avoir dans cette ville des Emirats Arables Unis des sites de production sans personnel et qui seraient gérés et contrôlés, télécommandés quoi, depuis le Japon !

Une diversification logique

Ces sociétés internationales de renom savent produire et contrôler l’énergie, gérer de manière précise l’éclairage, la qualité de l’air et de l’eau… se lancer dans le business de l’agriculture urbaine ne constitue pas pour elles un énorme défi technologique mais plutôt une diversification assez naturelle de leurs activités.

Alors, est-ce bien ou pas ?

On serait tenté de faire grise mine et de répondre par la négative. Ce côté très technologique pour produire des aliments dont l’image d’Epinal est leur lien à la terre (la publicité ne se prive pas de s’en servir pour nous vendre des produits à la production éloignée de cela), à première vue, cela choque.

Mais des arguments plaident toutefois en faveur de l’agriculture technologique.

Tout d’abord, l’ensemble de la production ne se fera pas ainsi, dans des « fermes » stérilisées où tout est géré par des logiciels. Il restera d’autres formes de production, et nous consommateurs avons toujours le choix de privilégier (et donc de soutenir) celle qui nous convient mieux. D’autres projets et réalisations en agriculture urbaine proposent moins d’utilisation des technologies de pointe, et plus d’approche « traditionnelle » de l’agriculture. L’offre de ces grands noms de la technologie, c’est un élément parmi d’autres, « une pièce du puzzle de l’alimentation du futur » comme le dit Derek Markham.

lettuce japantimes.co.jp

Cette vision high tech permet une production importante de produits frais à proximité des villes, ce qui signifie que la consommation sera aussi une consommation de produits frais.

De plus, même s’ils sont hors terre ou qu’ils poussent dans un espace sans lumière du jour, ces légumes seront « locaux ». Ils généreront moins de déplacements (ou des déplacements plus courts) pour les acheminer vers le consommateur. On peut aussi espérer que même si la technologie primera , ces fermes urbaines ultra-sophistiquées devraient générer des emplois locaux aussi.

Ces arguments enlèvent-ils votre adhésion ? La présence de cette approche technologique dans le panel de production de notre alimentation demain vous paraît-elle crédible et probable ?

Ce blog se veut aussi lieu de débat. N’hésitez pas à donner votre avis. N’ayant pas complètement tranché la question et défini ma réponse personnelle, je serais ravi de vous lire.

Alain Wagener

Crédit photos

Japantimes.co.jp
GE Reports

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