Territoire de Belfort : une offre triple-play (bus, vélo, voiture) pour une mobilité gagnante

SMTC_Optymo

Si on veut inciter le citoyen à opter pour une autre mobilité que celle qu’il pratique au volant de sa voiture privée, il faut lui proposer une vraie alternative, suffisamment confortable et flexible que pour pouvoir concurrencer l’utilisation permanente de la voiture. C’est ce que fait le Syndicat Mixte des Transports en Commun (SMTC) du Territoire de Belfort avec une offre « triple-play ». Un même abonnement permet d’utiliser les transports en commun, les vélos en libre-service et les voitures en libre-service !

Il y avait déjà les vélos en libre-service, imparables pour les trajets courts d’un ou deux kilomètres ou les déplacements de loisirs; il y avait les bus, efficaces pour des distances comprises entre quelques kilomètres et quelques dizaines de kilomètres. Au-delà, la voiture reste incontournable. A Belfort, on espère pouvoir rapidement dire qu’elle « restait » incontournable jusqu’à l’arrivée actuelle des voitures en libre-service. 5 modèles de voitures différents, adaptés selon les besoins variables des usagers, pour 30 stations au départ, voilà ce que propose désormais le SMTC, l’autorité organisatrice des transports du Territoire de Belfort. Début 2014, 200 véhicules devraient être disponibles.

optymo voitures

Le détenteur d’un pass « Optymo », jusque là opérationnel pour le bus et les vélos en libre-service, peut désormais passer d’un mode de transport à l’autre, du bus à la voiture et au vélo, avec ce seul sésame et une seule facturation à la clé. Pour les porteurs du projet, l’usager est ainsi libéré des contraintes de la possession d’un véhicule personnel.
En France (chiffre équivalent à d’autres pays européens) l’utilisation d’une voiture privée équivaut à 5 % de sa « vie » alors que son coût représente 83 % du budget « mobilité » des ménages, un budget souvent plus important dans les villes moyennes de province.

Une alternative complète et compétitive à la voiture

Pour leurs déplacements, les familles doivent résoudre une problématique complexe, faite des trajets quotidiens, de ceux des vacances, de ceux de « loisirs », avec des horaires variables, des distances qui le sont tout autant, tout comme le nombre de personnes ou le volume de bagages ou de marchandises à transporter…idéalement, il leur faut pouvoir aller et venir à n’importe quel moment et dans toutes les directions.

pass-optymo

La solution de Belfort permet de rencontrer ces besoins multiples sans posséder de voiture individuelle. Pour une fois, les opérateurs de transport en commun tentent de proposer une alternative complète et compétitive à la voiture, basée sur la prise en compte des habitudes et besoins des usagers. Son objectif central est de voir le bus capter les quelques mille déplacements quotidiens par an, de 5 à 7 km, que fait en moyenne chaque français (entre deux et trois par jour donc !). Disponible avec un seul abonnement, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an, Optymo semble procurer la liberté nécessaire à convaincre de nombreux usagers. L’arrivée des vélos en libre-service, s’ajoutant aux bus à haut niveau de service, avait déjà induit une augmentation de la fréquentation des transports en commun. Le SMTC espère voir la voiture en libre-service engendrer les mêmes effets.

Car le but est de modifier les usages de mobilité, pas de concurrencer ce qui existe déjà. C’est pour cela que le système d’autos en libre-service est prévu en boucle (on remet la voiture dans la station où on l’a prise) et est donc naturellement plutôt destiné aux trajets « longs ». Les autos comme les vélos sont ici considérés comme des outils de la performance des transports en commun, assurant en fait une complémentarité et une continuité de service là où les bus ne vont pas, et/ou quand ils ne roulent pas.

Aux Belfortains de se saisir de ces outils pour passer, comme le veut une formule très répandue dans la consommation collaborative, d’une logique de possession à une logique d’utilisation.

Et à Paris ?

A Paris, on rencontre aussi les trois éléments constitutifs de ce triple-play : un réseau de transports en commun, le Vélib’ et l’Autolib’. Les trois ne sont pas encore « connectés » mais des liens existent entre les deux plus anciens, à savoir les transports en commun et le système de vélos en libre-service. Les détenteurs de la carte Navigo ont accès à 16 lignes de métro, près de 1500 lignes de bus, 5 lignes de RER, 8 lignes de trains régionaux… La carte permet encore pour les automobilistes se rendant dans les gares d’y trouver des parkings-relais, aux cyclistes d’en faire de même. Navigo – et on approche là de l’initiative de Belfort – permet aussi de manière très simple de souscrire un abonnement au Vélib’ (idem avec le système Cristolib’ à Créteil). Ne reste plus qu’à offrir la même chose avec Autolib’ pour que l’intermodalité soit autant une réalité à Paris qu’à Belfort.

Une source d’inspiration pour de nombreuses communautés urbaines en tout cas !

Alain Wagener

Crédit images :
www.optymo.fr

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