Entreprises : un baromètre mondial des pratiques durables et sociales

usine

Les entreprises partout dans le monde sont confrontées à la problématique du développement durable. Si des réponses communes peuvent être observées, des différences notables existent malgré tout dans leur manière d’aborder la question, de l’intégrer dans leurs métiers, des spécificité locales sont identifiables. C’est ce qui ressort d’une étude coordonnées par le professeur Schaltegger, directeur du Center for Sustainability Management (Luneburg, Allemagne). Il s’agit du « baromètre international du développement durable dans l’entreprise ».

Stefan Schaltegger est un des spécialistes du développement durable dans l’entreprise, lui qui depuis 30 ans planche sur le sujet. Depuis 2002, il réalise une étude de la question dans les grandes entreprises allemandes. En 2012, pour la première fois, elle a été élargie et a concerné 11 pays, permettant de comparer les situations sur le plan international.

L’étude analyse l’état des lieux mais aussi la progression du management durable et de la responsabilité sociale de l’entreprise dans 468 sociétés, réparties en Asie, Australie, Europe et Amérique du Nord.

factory japan

Le Japon et le Royaume Uni devant les autres

Pour de nombreux aspects observés, les entreprises japonaises et du Royaume Uni ont quelques longueurs d’avance sur leur homologues internationales. Dans ces deux pays, les compagnies intègrent le développement durable dans leur fonctionnement plus largement qu’ailleurs, en impliquant plus de services et de départements par exemple. Les Britanniques appliquent des outils de gestion durable à un degré exceptionnellement haut ; les entreprises japonaises elles respectent les standards et paramètres relatifs à un verdissement de leur travail plus que les autres.

Derrière le Japon, on note des résultats remarquables en Corée du Sud, un autre pays à l’économie orientée vers l’industrie. Les compagnies coréennes font face, en la matière, à des attentes très claires de toutes les parties prenantes à leurs activités. Elles se doivent d’y répondre.
De plus, à l’instar des sociétés espagnoles et françaises, les compagnies coréennes analysent régulièrement les effets de la gestion durable de leurs activités sur leurs performances par rapport à la concurrence. « A long terme, ces analyses sont d’une importance capitale pour l’intégration des préoccupations environnementales et sociale dans l’entreprise » analyse le professeur Schaltegger

On note aussi dans le baromètre que comme les compagnies britanniques, mais un cran en dessous, les entreprises américaines et hongroises utilisent également quantité d’outils de gestion durable dans leur fonctionnement.

En Allemagne, où l’observation est en cours depuis 10 ans, sur les 152 entreprises observées, des progrès réels ont été réalisés au fil des ans, notamment en termes d’intégration du management durable dans le core business même des sociétés. Autre constat, moins réjouissant peut-être : on y juge peu les activités « durables » sur base de leur succès et de leur impact économique.

social policy

Le moteur premier : la pression du public

Quels que soient les pays, des similitudes apparaissent quant à la motivation des entreprises à s’impliquer dans le développement durable, et ce quelles que soient ces sociétés. Et le moteur premier, c’est la pression de l’opinion publique « et plus particulièrement encore celle des ONG et des médias » précise le professeur Schaltegger, « qui poussent les compagnies à composer avec les préoccupations environnementales et sociales. On remarque d’ailleurs que les services de communication sont particulièrement sollicités dans la gestion de ces matières ».

L’importance que ces notions revêtent dans le regard que porte le grand public à une entreprise fait qu’on y est particulièrement attentif à maintenir la bonne réputation de l’enseigne. C’est la préoccupation première. Elle devance les actions de marketing destinées à promouvoir des innovations orientées « durables ».

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Et en Belgique ?

Pour les lecteurs belges de ce blog, qui pourront découvrir cette étude plus en détails ce vendredi à HEC-Université de Liège, il apparaît que l’approche durable de la vie des entreprises en Belgique est souvent en deçà de la moyenne et des standards internationaux. L’influence des différentes parties prenantes y est plus basse que chez leurs homologues étrangers ; il en va de même pour la gestion « verte », la connaissance des enjeux ou des outils permettant l’implémentation des notions durables dans l’entreprise. Sur le plan international, on est donc pour le moment plus performants en football !
Et encore ! Sur le terrain assurément, mais pas en matière de développement durable. Là aussi, la Belgique a pas mal de retard sur ses voisins. Je vous en parlerai dans un prochain article.

En attendant, pour découvrir ce baromètre international du management durable dans le monde de l’entreprise, le professeur Shaltegger donne une conférence sur la question, à HEC-Université de Liège, ce vendredi 18 octobre à 9 heures du matin.

Alain Wagener

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Crédits photos :
TaiyoFj
Michaël Williams
Lydia
Xavier
Rutlo

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