Toitures végétales : de nombreux signaux au vert

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Le congrès mondial de la végétalisation du bâtiment vient de se tenir à Nantes, l’occasion de faire le point sur les tendances qui se dégagent pour demain, et aussi de souligner quels pays sont les plus engagés dans cette voie. L’Allemagne emmène le peloton. La France commence à attraper le bon rythme, et certaines municipalités, comme Paris, s’avèrent très militantes.

Bien sûr, dans certains pays, cela fait des milliers d’années que les végétaux servent à isoler et rafraîchir des bâtiments. Si cette technique se rencontre aujourd’hui sous de nouvelles latitudes, si elle séduit promoteurs et architectes, responsables de collectivités et médias, c’est que l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique constituent désormais des préoccupations partagées aux quatre coins du monde.

Mais qu’apporte concrètement cette solution, principalement déclinée en toits végétalisés ?

Une toiture végétale présente de nombreux intérêts.

Pour quelques centimètres d’épaisseur, une toiture végétale permet de dégrader un très fort pourcentage du CO présent dans l’air. Une étude britannique a démontré que lorsqu’ils sont installés au sommet de hauts immeubles, ces toits « verts » présentent l’intérêt de capter la pollution en hauteur, alors que les arbres se chargent de celle présente au niveau du sol.

En ville, par la fraîcheur qu’ils apportent, ces toits permettent de faire diminuer la température ambiante, tout en améliorant aussi la biodiversité locale. Ils assurent encore l’isolation thermique et acoustique des bâtiments où ils sont installés.

Enfin, les plantes participent à l’étanchéité des locaux, de quoi « soutenir » celle créée par les hommes et en allonger la durée.

roof garden kcxd

Toutes ces raisons amènent aujourd’hui des professionnels de la construction, mais aussi et surtout des responsables de municipalités, à intégrer la végétalisation des bâtiments dans les techniques possibles voire incontournables des projets de construction ou de rénovation. En France où 1,36 millions de m² de toitures végétalisées ont été réalisées en 2011 (pour 60 000 m² en 2002 !), 70 % des réalisations concernent les marchés publiques, 20 % les promoteurs privés et à peine 10% les particuliers.

L’Allemagne devant tout le monde

La France progresse mais est encore bien loin de la performance allemande. Là-bas, on estime qu’un toit sur dix a été végétalisé dans les 10 dernières années. Chaque année, entre 10 et 15 millions de m² sont couverts de végétaux, ce qui représente 20 % du marché allemand de l’étanchéité ! Le nord de l’Europe valorise également beaucoup ce choix, comme le Canada ou les Etats Unis. La Chine, l’Inde sont en train d’accrocher le wagon, comme la Suisse où la végétalisation est obligatoire pour les constructions neuves à toit plat. Sur ce blog, j’ai déjà eu aussi l’occasion de vous parler de l’Argentine et de l’initiative de la ville de Buenos Aires qui octroie aux propriétaires d’immeubles à toit végétal une réduction significative de la taxe immobilière, proportionnelle à la surface de toit vert construite et pouvant atteindre jusqu’à 20 % du montant de l’impôt.

Paris, où le plan local d’urbanisme rend obligatoire depuis 7 ans la présence d’un toit ou d’un mur végétal pour les permis de construire ne reprenant pas suffisamment d’espaces verts au sol, est très active dans l’hexagone. Un quart des hectares de toits susceptibles d’accueillir des végétaux le font, cela représente déjà 22 hectares. Et la municipalité ne s’arrête pas là.

Les Parisiens peuvent actuellement se rendre compte de ce que peut (et pourrait ) apporter la végétalisation de la ville. Jusqu’au 18 octobre, ils ont l’opportunité de découvrir 30 initiatives innovantes retenues dans le cadre d’un appel à projets lancé au printemps dernier. Durant 3 ans, ces idées, ces prototypes vont vivre aux quatre coins de la Ville Lumière. Il y est question de potagers bio sur les toits, de poulaillers communautaires, de création d’écosystèmes verticaux, de production de compost dans des friches urbaines … Vous pouvez trouver la liste ici.
Cette initiative parisienne démontre bien la vitalité actuelle en matière d’utilisation, d’implantation, de réintroduction (biffer la mention inutile) de la nature en ville. Et ce ne semble être qu’un début.

Et comme presque tout ce qui touche à notre quotidien, la végétalisation connaît des tendances.
Aujourd’hui bien plus qu’il y a une dizaine d’années quand les toits et murs végétaux ont commencé à se démocratiser, on veille à la diversification des espèces utilisées, à celle de la floraison qui peut en naître, aux insectes qu’elle va attirer… on souhaite une riche biodiversité dans cette nature aux portes des citadins.

roof garden potager des visionnaires

La nature sauvage, et la ferme !

L’ « Urban Farming », essentiellement représentée par les potagers qui se multiplient sur les toits, est LA tendance du moment. Retour aux produits frais, saisonniers pour les uns, possibilité de raccourcir les circuits entre production et consommation dans une approche durable pour les autres, accompagnement de la densification urbaine… on trouve toutes ces attentes dans ce phénomène qui promet de se décliner sous de multiples formes encore. Les containeurs en aquaponie au cœur des villes sont déjà en test (http://20footurbanfarm.blogspot.be), des projets de reconversion de sites industriels en zone de production agricole au cœur des villes ou presque sont dans les cartons, comme le projet VERDIR porté par l’Université de Liège et qui concerne les sites sidérurgiques du bassin liégeois…les exemples ne manquent pas. On assiste à un bouillonnement d’idées et de projets.

Et ce bouillonnement peut prendre des tours inattendus. Il existe en effet des … transports en commun avec toitures végétales !

bus-toit-vegetal projets-architecte-urbanisme

Alain Wagener

Crédit photos
greenskindvmh
kcxd
Potager des visionnaires
Projet Architecte Urbanisme

4 responses to “Toitures végétales : de nombreux signaux au vert

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  3. BONJOUR, JE M’APELLE HUBERT, JE SUIS UN FRANÇAIS DE 54 ANS VIVANT AU BRÉSIL DEPUIS 18 ANS ET J’AIMERAIS QUE VOUS ME DONNIEZ LA PERMISSION D’UTILISER LA PHOTO DE POTAGER SUR TOIT QUI SE TROUVE DANS VOTRE SITE CAR JE VOUDRAIS SENSIBILISER LES GENS DU NORD DU BRÉSIL EN MONTRANT LA PHOTO SUR UN PROSPECTUS AVEC UN EXPLICATIF A L’INTENTION DES SYNDICS D’IMMEUBLE.
    JE SUIS DE FORMATION HORTICOLE ET SUIS TRÈS PROCHE DE L’ÉCOLOGIE, JE SUIS DONC DISPOSÉ A AIDER BÉNÉVOLEMENT SI JE TROUVE DES INTÊRÉSSÉS PAR MON PROJET DE POTAGERS– JARDINS AU SOMMET DES IMMEUBLES.
    JE PENSE QUE VOTRE PHOTO ILLUSTRERAIT BIEN L’IDÉE DE CULTURES URBAINES ET C’EST POUR CELA QUE JE L’AI CHOISIE.
    DANS L’ATTENTE D’UNE RÉWPONSE DE VOTRE PART, VEUILLEZ AGRÉER, MONSIEUR, L’EXPRESSION DE MES SENTIMENTS (ÉCOLOGIQUES) LES MEILLEURS.
    CORDIALEMENT.
    HUBERT COIMET..

    • Bonjour, et merci de votre message.
      Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous utilisiez la photo dont vous parlez dans votre message. Je vous précise simplement que je n’ai pas les droits de ces photos. Mais vous trouvez en fin d’article les crédits photos pour celui-ci. Vous pouvez vous y reporter.
      Je vous souhaite plein succès pour vos initiatives horticoles et écologiques.
      Et merci d’être un lecteur du blog

      Bien à vous

      Alain Wagener

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