Troc de presse : une deuxième vie pour les journaux et les magazines

Troc-de-presse

Dans les thématiques abordées sur ce blog, il y a notamment la consommation collaborative qui propose un nouveau rapport aux biens et objets, en privilégiant l’usage à la possession. Le web (pour faire court) est quasi toujours un élément central de cette consommation, qu’il s’agisse d’auto-partage, de lessives faites dans la machine à laver du voisin, d’échange de maisons… C’est encore le cas pour la déclinaison de la consommation collaborative que j’ai choisi de vous présenter aujourd’hui : le troc de presse

Le principe de "Troc de Presse" est simplissime et s’inspire de ce que font déjà pas mal de lecteurs, au sein de leur famille ou avec leur médecin et leur coiffeur : quand un journal ou un magazine a été lu, on le fait suivre à un autre lecteur.

C’est un couple français qui a eu l’idée d’un site web organisant le passage de la presse d’une personne à une autre. Julien Fuentes et sa compagne sont de grands consommateurs de la presse papier, comme le sont nombre de Français. Mais les journaux et magazines s’accumulent à la longue. Chaque année, plus de 4 milliards de journaux sont imprimés dans l’Hexagone ! Et même si une collecte sélective permet d’en recycler la plus grande partie, il reste une sensation de gaspillage assez marquée.

kiosque par raph.v

Un kiosque collaboratif

Notre couple a donc décidé de créer un site de troc et d’échange, donnant une seconde voire une troisième vie aux journaux et magazines. Pourquoi jeter le journal alors que mon voisin pourrait avoir envie de le lire ? …et pourquoi ne pas découvrir la revue spécialisée à laquelle celui-ci est abonné, une fois qu’il en a terminé avec elle ?

« Ne jetez plus vos magazines, échangez-les », voilà le slogan de ce site. Il permet d’optimaliser la « vie » de chaque édition papier, dans une dynamique participative automatiquement source de lien social. Il permet encore à chaque lecteur d’étoffer son panel de sources d’informations sans devoir augmenter le budget qu’il consacre à la presse.

Comment ça marche ?

"Troc de presse" est gratuit. Il suffit de se créer un compte (réservé pour l’heure à la France) pour y décrire les journaux et magazines qu’on est prêt à faire tourner dans le système. On peut aussi alors découvrir ce que les voisins ont à offrir. Une messagerie interne au site permet de coordonner les rapports entre « fournisseur » et lecteur. Il ne reste plus qu’à déposer dans la boîte aux lettres du voisin le magazine qu’il vous a demandé de lui fournir. Il n’y a pas de notion de réciprocité. Ce n’est pas parce qu’on cède à un voisin un magazine qu’il faut que lui aussi, à son tour, vous en transmette un. Il s’agit d’un réseau de proximité, à l’échelle du voisinage direct. Dès qu’un nouveau membre s’inscrit au service, les autres « troqueurs de presse » du voisinage sont avertis par email. Le réseau s’agrandit comme cela.

Le site met aussi à disposition un « kit ambassadeur», une affiche à installer par exemple dans le hall de la résidence ou près de la boîte aux lettres pour faire savoir que l’habitant des lieux participe à « Troc de presse ».

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Dans un pays comme la France où la consommation de presse « papier » reste importante, l’idée est bien accueillie avec plusieurs centaines de membres inscrits sur le site en quelques jours. Les initiateurs du projet entendent bien que celui-ci reste gratuit mais ils pensent déjà s’ouvrir à l’international.

Un danger pour les journalistes ?

Alors, il y a bien sûr une question qui ne peut que titiller tout journaliste découvrant ce service : est-ce que « Troc de presse » ne va pas faire du tort aux journaux et magazines, et donc par conséquent aux journalistes ?

La question a été posée aux initiateurs du projet, notamment récemment dans une interview sur France Info. Ils pensent plutôt l’inverse. Pour eux, « Troc de presse" offre en fait un lectorat plus large. Des gens vont découvrir des magazines qu’ils n’ont pas l’habitude de lire. Ils se pourraient qu’ils les achètent ensuite, ne fût-ce qu’en vacances. Ils voient plutôt leur initiative comme une aide réduite mais potentielle à la vente de la presse…

Ce n’était sans doute pas leur préoccupation première au lancement du site web mais on ne peut pas nier deux éléments qui devraient éviter les procès d’intention mal placés :

– Le système proposé permet de découvrir d’autres choses que ses lectures habituelles, ça ne coûte rien d’essayer un nouveau magazine vu que c’est gratuit

– les citoyens ont en général un budget « presse » mensuel. Il n’est sans doute pas vraiment extensible, à plus forte raison en ces temps de crise

On pourrait sans doute en ajouter un troisième, un peu paradoxal sans doute sur un blog : le système de troc de presse papier a le mérite de donner des suppléments de vie à des magazines et des journaux « papier » tout en créant des liens entre les gens… à coup sûr, ça, la presse numérique ne le fait pas !

Je serais ravi de lire vos avis sur ce projet, sur l’aide ou pas qu’il peut apporter à la presse « traditionnelle »… n’hésitez pas à commenter 

Alain Wagener

2 responses to “Troc de presse : une deuxième vie pour les journaux et les magazines

  1. Bonjour,
    Nous tenons à préciser que Troc de Presse n’est pas exclusivement réservé aux français, mais à tous les pays francophones (Belgique, canada, Suisse etc)…Alors n’attendez plus, inscrivez-vous!

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