Le cinéma verdit, le Festival de Cannes beaucoup moins…

crédit conseil gén val de marne

Les yeux du monde entier sont rivés sur Cannes, son festival du cinéma, ses stars, son glamour…c’est un des grands rendez-vous traditionnels du 7 ème art. Si la « Quinzaine cannoise » n’est pas du tout exemplaire en terme de développement durable, c’est l’occasion de parler de cinéma et de s’arrêter ici sur les efforts réels que réalisent les professionnels du secteur pour réduire leur empreinte environnementale.

Le « vert et durable » porteur en terme de communication, on l’a bien compris du côté de la production de la série française à vocation internationale « Jo », dont le rôle principal, celui d’un policier complexe, porteur d’un lourd passé, un peu torturé et connaissant Paris comme sa poche, est tenu par Jean Reno. La série est neutre en carbone, et la production le fait savoir.

« Jo » compte 8 épisodes. Ils représentent 88 jours de tournage en région parisienne, autant de techniciens, le double de comédiens. 10 000 repas, 12 aller-retours Paris-Los Angeles, 320 trajets Eurostar entre Londres et Paris, plus de 50 véhicules de toutes sortes, voilà encore d’autres chiffres qui expliquent que, selon la production, l’équivalent carbone de chaque épisode est de 72 tonnes, soit autant que 20 vols aller-retour Paris-New York.

Pour compenser tout cela, la réduction et le tri des déchets ont été appliqués, tout comme la dématérialisation des documents de tournage. Prises en compte aussi la gestion des peintures usagées pour les décors, l’optimalisation des déplacement…Pour en donner quelques exemples concrets, Jean Reno s’est déplacé avec une voiture hybride, le nombre de repas a été chaque jour calculé « au plus juste », les groupes électrogènes remplacés autant que faire se pouvait par des coffrets électriques de type « forains », les lieux de repas étaient le plus proche possible des sites de tournages…
Ce qui n’était ainsi compensé par les actes l’a été, pour la série en question, par l’achat de crédits de compensation carbone.

Des exemples similaires, on peut aussi en citer pour Möbius, sorti en février. On y a, par exemple, mis en place un système de covoiturage par métier. La production a aussi opté pour une limitation du transport du matériel en choisissant l’option gardiennage à proximité des lieux de tournage. Ces choix, combinés à l’utilisation de la visioconférence entre les différents pays concernés par le film, ont permis d’éviter plus de 20 000 kilomètres de déplacement !
Eco-responsable aussi, le choix du prestataire en charge de la restauration des équipes : c’était une cantine locale, engagée dans le développement durable, qui privilégie les produits locaux et bios et bannit la vaisselle jetable.

Ce printemps est également sorti Camille Claudel 1915. En terme de comportements durables, on y a mis la barre assez haut en n’utilisant que le train pour les longs trajets, en interdisant les véhicules personnels et en privilégiant des véhicules légers loués dans les régions où se déroulait le tournage. Extinction des lumières inutiles, tri des déchets, absence de groupes électrogènes, choix de privilégier autant que faire se peut les scènes en éclairage naturel…la démarche éco-responsable était ici une vraie priorité.

Elle passait bien sûr par une sensibilisation des équipes, c’est la base du travail. Elle se décline parfois sous forme d’entretiens individuels de sensibilisation avant la réalisation du film.
C’est bien évidemment plus simple quand les régisseurs et acteurs sont déjà des « consomm’acteurs ». C’est le cas de Marion Cotillard. Sur le tournage de « De rouille et d’os », elle a imposé les produits cosmétiques biologiques, apportant ainsi sa part à l’édifice d’une production qui se voulait déjà la plus durable possible.

Le film de Jacques Audiard a été présenté à Cannes en 2012, comme le « Guide de l’Eco-production » du collectif Ecoprod. Ce dernier, crée en 2009 par des acteurs de l’audiovisuel, veut conscientiser à la prise en compte de l’empreinte environnementale du secteur. 400 d’entre eux sont enregistrés sur le site web du collectif, composé de structures de production, de diffuseurs, d’organismes divers… Ils y échangent leurs expériences, leurs bonnes pratiques, leurs conseils. Le collectif met à leur disposition (et à celle de tout qui veut s’en emparer) des outils comme un calculateur carbone on line, des fiches pratiques et un guide de l’éco-production, téléchargeable et actualisé chaque année. Ecoprod propose aussi d’accompagner les productions dans leur recherche de réduction de leur empreinte écologique.

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Un détour sur leur site s’impose, tout comme, pour y revenir, un arrêt sur l’article de la journaliste du Monde Anne-Sophie Novel « A Cannes, la Croisette en mode super trash », histoire de bien avoir en tête que si les tournages audiovisuels « verdissent », les grandes messes « people, paillettes et glamour », ont encore une énorme marge de progression en la matière.

Alain Wagener

Crédit photos :
Conseil Général du Val de Marne
Ecoprod.com

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