Gares et Maisons des Cyclistes, binôme gagnant pour la mobilité

Photo1071

Fin 2010, le Gouvernement wallon a adopté le « Plan Wallonie Cyclable » sensé concrétiser sur le terrain la volonté politique de développer la pratique du vélo en Wallonie. Les pouvoirs publics le rappellent : chaque euro public ainsi investi en fait économiser 10 ou 15 en soins de santé ou en politique de lutte contre le changement climatique.
Depuis sont nées de très prévisibles task forces et autres commissions diverses, des managers et conseillers mobilité ont été engagés, des appels à candidature pour des communes désirant s’impliquer dans une politique cyclable ont été lancés. Des opérations de promotion du vélo sont régulièrement organisées…Petit à petit, le vélo trouve sa place mais le processus semble assez lent et finalement peu visible.
Là où, par contre, on prend pleinement conscience de l’augmentation de l’usage du vélo pour des déplacements qui ne se limitent plus aux seuls loisirs, c’est dans les Maisons des Cyclistes.

La Wallonie en compte quatre (Ottignies, Mons, Namur et Liège). Lieux d’accueil et d’information, elles proposent quantité de services de proximité pour les cyclistes, de la vente d’équipements de sécurité à l’entretien mécanique, en passant par la location de vélos ou la vente de cartes routières spécifiques. Elles abritent aussi différentes associations actives dans le domaine.
Toutes quatre sont reprises dans le réseau « Point Vélo » prônant l’utilisation du vélo en complément des transports en commun. On en compte quatre aussi à Bruxelles et une trentaine en Flandre. Tous les « Points Vélo » sont accueillis dans ou aux abords d’une gare. C’est clairement, comme en attestent les chiffres et témoignages qui suivent, une formule gagnante.

226_detail

Namur a été la première des quatre villes wallonnes à intégrer un « Point Vélo ». En 2012, elle a reçu 5882 visiteurs, un chiffre stable par rapport à l’année précédente, alors qu’elle n’ouvre plus le week-end. On y a par contre vu augmenter de 200 unités le nombre des réparations pour atteindre 842 interventions. La Maison des Cyclistes n’axe pas trop son travail sur la location, se réjouissant de la présence de vélos en libre-service à Namur : « C’est une bonne chose pour l’augmentation de la culture cycliste dans la ville » précise sa responsable, Isabelle Bastogne.

Dans les trois autres Maisons des Cyclistes wallonnes, le rapprochement ou l’intégration à la gare ont littéralement dopé la fréquentation. A Ottignies, lorsque la Maison des Cyclistes a débarqué en provenance de Louvain-la-Neuve, le changement a été très net. « Les horaires d’ouverture se sont élargis. Deux ans après notre arrivée, nous avons multiplié par 4 le nombre de visites. On en a dénombré 3314 en 2012 », explique Dominique Baeke, le responsable local qui ajoute « ce chiffre est à mettre en parallèle avec une augmentation du nombre de réparations, de 360 en 2011 à 569 en 2012. La ville est labellisée Ville Cyclable, le terreau ici est favorable ».

A Mons, la Maison des Cyclistes enchaîne les déménagements. Il y a un an et demi, avec son installation dans un pavillon proche de l’ancienne gare, elle a déjà vu sa fréquentation et les locations augmenter. La nouvelle implantation lui a déjà offert un gain en termes de visibilité. « En comparant la période juin 2011-décembre 2011 avec celle entre juin 2012 et décembre 2012, on a plus que doublé nos visites, et augmenté de 10 % nos interventions sur les vélos » se réjouit Samuel Delporte. Le responsable montois a depuis dû gérer un nouveau déménagement, en janvier dernier, pour installer la Maison des Cyclistes dans une gare provisoire, avant d’investir les locaux définitifs dès que la nouvelle gare de Mons sera terminée.

Une gare terminée dans laquelle a pu s’installer une Maison des Cyclistes, dans des locaux tout neufs, c’est celle de Liège. Il n’a pas fallu longtemps pour que les chiffres explosent : avant le déménagement il y a deux ans, la structure accueillait, dans son vieil immeuble peu visible du centre ville, 700 visiteurs. En 2012, ils ont été 10 fois plus nombreux à franchir les portes de la Maison des Cyclistes de Liège ! 7000 personnes sur une année mais aussi une augmentation de 42 % des entretiens par rapport à la première année de présence aux Guillemins. « Nous avons opéré 1084 réparations d’un prix moyen de 24 euros. Ce n’est pas bradé, on se situe dans le créneau des petites réparations. On n’entre pas en concurrence avec les vélocistes locaux » analyse Sébastien Biet, le responsable local enchanté des bons chiffres de son implantation. « Il y a vraiment une augmentation forte de la pratique du vélo à Liège ». La Ville de Liège ne doit pas être la dernière à le savoir, elle qui a opté pour Vélocité, une mise en location de vélos lui appartenant (solution préférée au système de vélos en libre service), qui connaît, au départ du « Point Vélo » de la gare, un réel succès avec 588 locations en 2012 pour les 250 vélos disponibles pour des périodes de un mois à un an.

Photo0302

Autre preuve de l’engouement pour le vélo à Liège, le parking spécifique de la gare locale n’a pas vu sa fréquentation faiblir durant l’hiver (en tout cas jusqu’à décembre inclus). Il est fort à parier qu’il atteigne la saturation en 2013.
« La demande continue à croître. Les vélocistes locaux l’ont bien compris, ils travaillent désormais avec nous » se réjouit Sébastien Biet en montrant ce qui se fait de mieux comme vélos pliables mais aussi des modèles haut de gamme de vélos électriques, tous destinés à être testés par le public, et mis à la disposition de la Maison des Cyclistes de Liège par des marchands de vélos locaux.

Les gares de trains et bus combinées aux Maisons des Cyclistes, c’est très clairement un binôme gagnant quand on parle de mobilité douce et réfléchie. Les « Points vélos » offrent une réponse pertinente aux besoins de celles et ceux qui veulent combiner transport en commun et vélo.

Seul bémol à ce tableau « gagnant », les vélos bleus que la SNCB propose à la location. Disponibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 dans plus de 40 gares, ils ne rencontrent pas au sud de la Belgique le succès qui est le leur en Flandre. Sans doute la communication sur le produit, d’abord lancé dans le nord du pays, n’a-t-elle pas été suffisamment adaptée au public wallon. De plus, ces vélos un peu lourds ne conviennent pas aussi bien aux itinéraires vallonnés de Wallonie (même en ville !) qu’aux routes du plat pays. Des adaptations sont à l’étude pour relancer les blue-bikes côté francophone, comme l’arrivée dans le stock en location de vélos électriques.

A l’exception d’Ottignies, les Maisons des Cyclistes wallonnes (Liège, Namur et Mons) organisent le 20 avril une bourse aux vélos.
Toutes les informations sur le site http://www.maisonsdescyclistes.be

One response to “Gares et Maisons des Cyclistes, binôme gagnant pour la mobilité

  1. Pingback: Vélo : une idée cadeau sympa, bio et fairtrade | Alain Wagener Green·

Leave a Reply

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s