L’Upcycling, la tendance design-écolo du moment

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L’upcycling consiste à transformer en matière première des matériaux usagers ou déclassés, à les travailler ensuite pour faire naître de nouveaux objets dont la valeur est supérieure à celle du produit premier.
Cette approche est très tendance, les designers et industriels s’en emparent depuis quelques années, les réussites sont légions.

Le sésame qui m’a fait découvrir la dimension « industrielle » de cette approche, ce sont les pochettes promotionnelles distribuées dans le cadre de l’infructueuse candidature liégeoise à l’organisation de l’Exposition Internationale 2017. Elles étaient réalisées par la société DESIGNpoint à partir d’anciennes bâches assurant la promotion du même dossier. La société fournit aussi des sacoches pour vélos, des paniers à linge, des toilettes sèches en bâches…

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La bâche est un matériau très utilisé en upcycling. Comme l’atelier liégeois, le Français Billum la travaille aussi. Il a notamment recyclé celle de 1300 m² tendue pour jeter un voile pudique sur la façade en rénovation du célèbre hôtel de Crillon à Paris. Les Zurichois de Freitag en font de même. Tout est parti du besoin des deux frères Freitag, cyclistes au quotidien, de disposer d’un sac étanche. Ils se sont inspirés des poids-lourds colorés passant devant chez eux pour découper un sac dans une veille bâche de camion, lui adjoindre une ceinture de sécurité en guise de bandoulière et réaliser les coutures avec une chambre à air de vélo. Aujourd’hui, leurs produits se vendent dans le monde entier.

La chambre à air, autre matière première phare de l’upcycling.

A Bogota, les produits Cyclus naissent de la transformation de celles des camions. On en fait des sacs, des portefeuilles, des pochettes. A Paris, Recycl’ère récupère les 60000 chambres à air usagées des vélos en libre service dans la ville lumière. Elles deviennent de très jolis plumiers.
Le secteur automobile fournit lui les ceintures de sécurité. Après les avoir récupérées dans des casses, le Canadien U.S.E.D s’en sert pour réaliser des sacs de toutes sortes. U.S.E.D. est l’acronyme pour "Unlimited supplies from everyone’s discards", on peut le traduire en "des matériaux à profusion issus de nos déchets".

Et avec des lances d’incendie, on peut faire quelque chose ? Bien sûr ! Au Royaume-Uni, Eako les transforme elle en de très élégants sacs, ceintures, cartables … Les tuyaux sont collectés dans les casernes anglaises. De l’autre côté de la Manche, l’Allemand Feuerwear travaille la même matière première.

Tout peut servir, ou presque, dans cette approche. « Bilum » collabore désormais avec Air France et réalise des trousses, vendues par la compagnie, et fabriquées au départ des gilets de sauvetages atteint par la date limite de péremption.

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Des airs, on peut redescendre vers la mer. Ce qui caractérise le plus un voilier, c’est évidemment sa voile ! De nombreuses entreprises en France, au Canada, aux Etats Unis (l’upcycling se pratique partout) se chargent de les transformer en sacs ou en rideaux de douche, transats, poufs par exemple. On peut citer « Les Toiles du large », « 727 Sailbags », « Second Wind Sails », « Red Flag Design »…A Hawaï, « Maoui » élargit le spectre en travaillant aussi les cerfs-volants, voiles de kite-surf, de planches à voile…le client a deux solutions : soit il achète déjà un objet upcyclé, soit il amène sa vieille voile et attend quelques temps avant de la récupérer sous forme de sac.

Le secteur du luxe n’est pas en reste. La célèbre marque « Hermès » utilise des morceaux d’étoffes présentant un défaut, des chutes de cuir, de la porcelaine fendue pour en faire des colliers, des théières, des objets de décoration baptisé OPNI (Objet Poétique Non Identifié). Les rebus d’ateliers de grandes marques, mais aussi les chutes de tissus du secteur automobile constituent également la matière première de la marque française « Entre 2 Rétros ». Ils donnent naissance à des sacs et accessoires de mode made in France.

Les pionniers de l’upcycling

On ne peut pas parler d’upcycling sans faire référence à celles et ceux qui en sont les pionniers et qui continuent aujourd’hui à le pratiquer, les populations des pays en voie de développement, particulièrement en Afrique. A titre d’exemple, on peut citer « Trashy Bags » au Ghana. Le projet incite la population locale à ramener, moyennant défraiement, les millions de sacs plastiques qui polluent la capitale Accra. De ceux-ci naissent des sacs, des porte-monnaie et autres imperméables.

Ce ne sont là vraiment que quelques exemples d’un upcycling excessivement « trendy », où le recyclage se marie à l’écologie, à la fois parce qu’une deuxième (voire une troisième) vie est donnée à des matériaux, mais aussi parce que les économies d’énergies sont souvent recherchées dans les procédés de création, tout comme est pratiquée la compensation carbone. Les acteurs du circuit travaillent aussi volontiers avec des entreprises de formation par le travail, des ateliers occupant des personnes en réinsertions ou handicapées…de quoi ajouter une dimension sociale à leur création.

La découverte de ce que peuvent donner ces produits éphémères que sont les bâches, drapeaux et autres chambres à air une fois retravaillés ne manquera pas de vous surprendre. Leur côté souvent unique devrait vous séduire. L’upcycling est assurément une option à intégrer pour les achats futurs du consomm’acteur qui sommeille en vous…et dont beaucoup sans doute pratiquent cette démarche à la maison, en transformant des palettes en bois en meubles de jardin où une bouteille en plastique en boîte à spaghetti.

5 responses to “L’Upcycling, la tendance design-écolo du moment

  1. Très intéressant! Je pratique occasionnellement l’art floral et on se sert parfois de chambre à air de récupération pour décorer le support.
    J’ai été étonnée lorsque le marchand de vélos qui me les donne habituellement n’en avait plus car très demandés par un artisan qui en fait des sacs mode!

    • Merci du message.
      Il y a vraiment quantité d’artisans et de sociétés qui pratiquent l’upcycling, sans oublier les privés qui s’y mettent de plus en plus (on trouve quantité d’exemples de leurs réalisations sur le web et les réseaux sociaux). C’est vraiment très très très tendance

  2. Pingback: Ce blog : un an et toujours vert ! | Alain Wagener Green·

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