Wallonie : une première couveuse maraîchère

Permettre à des candidats de tester la viabilité d’un projet maraîcher en les encadrant en amont de la démarche, et puis durant les deux premières années d’activité, c’est le principe du « Point Vert », une couveuse d’entreprise dans le maraîchage. Elle est le fruit d’une collaboration étroite entre le Groupement d’Action Local (GAL) Pays des Condruses et différents partenaires locaux.
La commune de Modave en province de Liège a mis à disposition du projet des terres sur l’entité de Strée. A raison d’un demi- hectare par candidat, elles vont leur permettre de se lancer dans l’aventure. Ils sont quatre pour la première levée. Trois d’entre eux, demandeurs d’emplois, ont suivi une formation d’un an en maraîchage bio auprès de l’asbl Devenirs. Le quatrième candidat travaille déjà dans le secteur agricole. Le Centre de Technologie Agronomique (CTA) a préparé les terrains. Il pourra, durant tout le processus, comme les autres acteurs, venir en soutien des nouveaux agriculteurs qui trouvent sur le site des serres-tunnels, un bassin d’eau de pluie, un chalet recelant quelques outils nécessaires à leur labeur. Dans leur démarche d’auto-création d’emploi, ils ne doivent se concentrer que sur leur production. Rayon découchés, si des pistes existent déjà pour certains (des restaurateurs locaux par exemple), les porteurs de projet ont là aussi déjà déblayé le terrain en impliquant « Point Ferme », une coopérative de producteurs locaux commercialisant leurs fruits et légumes via internet et des groupes relais. « Point Ferme » s’engage à écouler 50 % de la production des quatre parcelles.
Durant les deux années que dure l’expérience, les nouveaux maraîchers ne doivent pas s’encombrer de disposer d’un registre de commerce, d’un numéro de TVA… Comme dans toute couveuse d’entreprise, l’aspect administratif est pris en charge par un autre des partenaires du projet, il s’agit ici de Créa-job. Il émet les éventuelles factures, aide à la gestion comptable et thésaurise les revenus du travail pour constituer une somme de départ quand sera venu le temps pour le candidat auto-créateur d’emploi, de décider de la poursuite ou de l’arrêt de l’activité.
« Sans la couveuse, je n’étais pas sûr d’y arriver » précise Jean-Christophe, candidat maraîcher après avoir été durant 25 ans délégué commercial. « Le plus dur aurait été de trouver des terres ».
C’est un des axes que surveillent de près les membres du GAL. En ces temps de regain d’intérêt très marqué pour les productions locales, la couveuse et sa logique bio et circuit court, offre des pistes pour répondre à l’attente de clients toujours plus nombreux mais aussi pour permettre à d’aucuns de se lancer dans une activité plus prometteuse aujourd’hui qu’il y a quelques années. A condition de disposer de terres pour se tester. Assurément, les autorités communales de la région, mais aussi les agriculteurs du coin, vont entendre parler du GAL et de sa recherche de terres à cultiver !
Ce projet est une première en Wallonie. Une dizaine d’équivalents ont cours en France, et de nombreux autres sont en phase d’élaboration dans l’Hexagone qui fait office de moteur en la matière. Les acteurs du Condroz sont d’ailleurs en contact avec leurs homologues français.
Je reparlerai sans doute de ce projet sur ce blog, au gré de son avancement.
Pour le découvrir en image, voici le reportage que je lui ai consacré en télévision

http://bit.ly/YfuN7y

Le-Jardin-Maraicher-de-Conflans-Sainte-Honorine-cocagne-fruits-bio-legumes-biologiques_fs

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