Ville rime de plus en plus avec "vélophile"

Récemment, je vous ai fait découvrir le Pibal, ce vélo-trottinette conçu par Philippe Starck pour les Bordelais. Je vous ai aussi proposé un lien sur Cyclotopia, un site ludique pour découvrir les éléments nécessaires à une ville « vélophile ». Même en cet hiver qui se prolonge, le vélo reste dans l’actualité. C’est un signe de plus de la place toujours plus grande qu’il prend dans nos vies, et sur laquelle je vous propose de revenir avec quelques exemples et données chiffrées.

Selon une étude MTI-Conseil TNS-Sofres, près d’un français sur deux a fait du vélo au cours des douze derniers mois, dont 14 % pour un déplacement utilitaire comme aller faire une course ou se rendre au travail. Pour ce dernier type de trajet, le vélo représente 5,3% des déplacements, un chiffre en progression (les transports en commun représentent 14,4 %). Autre indication chez nos voisins français : le nombre de déplacements quotidien en vélo a augmenté de 115% en Île-de-France entre 2001 et 2010. Ces données sont encourageantes mais restent bien loin de celles observées aux Pays Bas où un tiers des voyages (tous modes compris) se font à vélo, c’est la plus haute proportion du monde. Le néerlandais moyen pédale 2,5 km par jour quand certains, comme les Espagnols, font à peine 100 mètres !
A Amsterdam, pour les 20 dernières années, l’usage de la bicyclette a augmenté de 44%, pour atteindre 490.000 voyages et 2 millions de kms parcourus par jour. Cela implique plus de 3.500 vélos par heure sur les tronçons les plus utilisés. Amsterdam, ce sont 400 kilomètres de pistes cyclables, 600 000 vélos pour 750 000 habitants…impressionnant mais aussi problématique. La congestion du trafic vélo est une réalité, comme les nombreux accidents et l’irritabilité des cyclistes … tout cela commence à donner aux voies pour deux roues des airs de périphérique parisien ! Le stationnement pose aussi problème. La commune, convaincue qu’un euro investi pour ce moyen de transport est plus rentable que pour tout autre, réagit et annonce 57 millions € d’investissement pour créer de nouvelles voies et élargir celles qui existent déjà. Avec d’autres administrations, elle dégage encore 120 millions € dont les ¾ serviront à réaliser 38 000 nouvelles places de stationnement.

Pour ce faire, les autorités amstellodamoises pourraient s’inspirer de la ville d’Apeldoom, toujours aux Pays Bas. Il y a 15 ans, on y a instauré la gratuité des parkings vélo surveillés. Cela en a augmenté la fréquentation, tout en induisant un report important des déplacements vers le vélo et une nette diminution du parking sauvage. Un an après la mise en place de ce service, la fréquentation des parkings surveillés avait bondi de 70 %. Le financement de ce projet se fait en lui dédiant un quart des revenus générés par les parkings payants pour automobiles. Une idée assurément transposable à d’autres localités…

Avec Amsterdam et Berlin, l’autre ville vedette des cités éco-compatibles est Copenhague, la « capitale mondiale du vélo ». Là aussi des investissements importants vont être réalisés pour les cyclistes, et leur destination en a surpris plus d’un ! Cette ville a été la première à implanter un système de vélos en libre-service (1995), et pourtant elle vient de décider de ne pas remplacer les bicyclettes de ce service, préférant programmer 20 millions € au budget 2013 pour améliorer son réseau cyclable. La capitale du Danemark fait le choix de privilégier ses habitants, souvent détenteurs de leur propre vélo, plutôt que de remettre de l’argent dans un service surtout utilisé par les personnes venant de l’extérieur de la cité. Copenhague passe ainsi à une sorte de deuxième phase dans la promotion de la pratique du vélo…quand d’autres ne sont encore nulle part !

A San Francisco, cela bouge aussi, avec plus de 200 millions de dollars d’investissements programmés sur 5 ans pour faire face à l’augmentation du nombre d’usagers doux. Les 80 kilomètres de pistes cyclables existants seront rénovés, 20 autres seront mis en place, comme de nombreux parkings. A l’instar de beaucoup d’ autres villes, le libre-service sera implanté.

Qu’elles adoptent des vélo-trottinettes, des parkings surveillés, qu’elles lancent un système de libre-service, ou qu’elles lui préfèrent des investissements sur le réseau cyclable, ou encore, à l’instar d’Arcachon en France, qu’elles offrent des vélos à leurs administrés, les villes et communes du monde entier ne peuvent plus ignorer le retour en grâce du vélo pour un usage utilitaire. Ce ne sont pas les cyclistes qui vont s’en plaindre, eux dont une étude du Oregon Transportation Research and Education Consortium démontre qu’ils sont les plus heureux de tous les humains qui se déplacent, trois fois plus que les auto-solistes !
copenhagen-cycling-businessmann

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