Sensibilisation : de la nourriture refusée en Europe au menu de ministres et personnalités à Nairobi

Dans le cadre de la réunion annuelle au sommet du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), une centaine de ministres et personnalités du monde entier ont dégusté un repas réalisé à partir de 1600 kilos de légumes et fruits kényans rejetés par des chaînes de distribution européennes pour des raisons esthétiques. Si on ne leur avait pas dit, les convives ne se seraient pas aperçu que les chaussons de maïs grillé, le "dal" (sorte de purée) indien de lentilles jaunes au tamarin, et en dessert le "mangomisu", un tiramisu à base de pulpe de mangue, avaient ces « rebus » pour ingrédients.
"Aucune raison économique, environnementale ou éthique ne peut justifier un gaspillage de nourriture de cette ampleur", a déclaré le directeur du PNUE, Achim Steiner, aux convives réunis au siège de son organisation à Nairobi. Cette organisation des Nations Unies mène campagne pour réduire la quantité de nourriture perdue ou jetée, soit 1,3 milliard de tonnes dans le monde chaque année, afin d’en diminuer l’impact sur "un système mondial de production alimentaire déjà poussé à ses limites".
Les produits jugés indésirables en Europe avaient été cultivés au Kenya, un important exportateur de fruits et légumes vers l’Europe et en particulier vers la Grande-Bretagne. Mais des exemples similaires du "pouvoir disproportionné des supermarchés" sur les producteurs agricoles travaillant à l’exportation se retrouvent à foison dans le monde entier, affirme Tristram Stuart, un militant anti gaspillage qui a collecté la nourriture utilisée pour le repas de VIP de Nairobi.
Plus d’un tiers de la production alimentaire mondiale est aujourd’hui inutilisée, ce qui nourrit l’inflation et contribue au réchauffement planétaire, alors même que près d’un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim, selon l’association "Feeding the 5.000" (version anglaise du "miracle de la multiplication des pains") qu’anime M. Stuart. Il ajoute : « les agriculteurs kényans n’ont souvent pas le droit contractuel de vendre localement, ni même de donner à des organisations caritatives cette production rejetée, et ils ne peuvent alors l’utiliser que comme nourriture pour leur bétail ».
Un fermier kényan sous contrat avec une chaîne de supermarchés britanniques a déclaré se voir refuser jusqu’à 40 tonnes de légumes chaque semaine, soit 40% de sa production, toujours selon Tristram Stuart qui dit être ressorti atterré de sa quête des légumes et fruits refusés au Kenya. (afp/Newsnet)
article_legumes

One response to “Sensibilisation : de la nourriture refusée en Europe au menu de ministres et personnalités à Nairobi

  1. Pingback: Bruxelles : « Feeding the 5000 », un banquet anti-gaspillage et gratuit | Alain Wagener Green·

Leave a Reply

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s