Papotages "verts" pour dynamiser un repas

1317742710200Les repas de famille, la tradition du dimanche midi, le moment très attendu par certains, l’enfer pour les autres…et ses inévitables moments de silence pesant où on aimerait réactiver la conversation comme on le fait d’un feu en y rajoutant une bûche.
Qu’on le veuille ou pas, qu’on s’y implique ou pas, le développement durable, les préoccupations environnementales sont dans l’air du temps.
Je vous propose donc quelques sujets de conversations plutôt « verts », avec ce qu’il faut d’ingrédients pour réveiller le plus avachi des convives !

A tout prendre, autant commencer par la nourriture. Après tout, c’est le point central de tout repas de famille. Les informations qui suivent devraient permettre à chacun de donner son avis, sans trop créer de polémique. On peut donc les prescrire pour l’apéro, quand tout le monde est encore alerte. Sans doute y aura-t-il lors de votre prochain repas familial une fois encore trop à manger. C’est souvent ainsi. On estime à un milliard trois cents millions de tonnes le gaspillage alimentaire annuel, soit un tiers de la production mondiale. Ça fait beaucoup et certains dont l’alimentation constitue le gagne-pain réagissent. En France et en Angleterre, des restaurateurs asiatiques proposant la célèbre formule des buffets à volonté font désormais payer un supplément de prix (environ 5 €) aux consommateurs qui ne finissent pas leur assiette. Un restaurant japonais en Australie augmente lui la note de 30% pour les clients ayant eu « les yeux plus grands que le ventre ». A ce prix, ils peuvent toutefois emporter la nourriture restante chez eux, à condition d’avoir prévu des contenants pour le faire.

En Allemagne, le traiteur berlinois Misfits se fournit lui en fruits et légumes promis à la poubelle car d’une esthétique ne correspondant pas aux canons de la restauration. Ici, pas de culture de l’apparence mais bien celle du goût. Cela fonctionne. L’entreprise envisage d’ouvrir prochainement un restaurant basé sur la même approche.

Chez nous, la commune de Herstal introduit désormais dans les permis d’environnement de la grande distribution l’obligation de donner les invendus à des associations caritatives. La formule intéresse d’autres entités et pourrait faire tache d’huile assez rapidement.
Enfin, toujours à propos de nourriture, mon information préférée : un site de rencontres suédois, créé par une importante coopérative agricole. Dans ce pays, 20 % des aliments terminent à la poubelle. Le site propose aux célibataires désirant lutter contre ce type de gaspillage de mettre en ligne les restes que renferme leur frigo. Peut-être trouveront-ils échos chez un(e) autre membre, et qu’un repas composé avec ces denrées permettra aux personnes de se rencontrer, et plus si affinités. « Il me reste deux saucisses »… « j’ai de la compote de pomme »… « on va chez moi ou chez toi ?? ». Ici, le frigo crée le lien. Pour celles et ceux qui parlent couramment le Suédois, c’est par ici http://lantmannen.se/aktiviteter/restdejting

Le repas se poursuit, les plats s’enchaînent, les verres se remplissent régulièrement et une certaine torpeur risque de s’emparer des invités. C’est là que je propose d’aborder les sujets relatifs à l’excroissance à moteur des mâles présents. Parlez leurs de ce qui suit, et ils vont reverdir plus vite que les idées que vous allez leur suggérer !

Commencez par la location de voitures entre particuliers. Cela cartonne en France. Le site leader, Voitur’lib, compte des milliers de voitures privées dans son offre. Mi-décembre, la société avait reversé plus d’un million cinq cents mille euros aux propriétaires des voitures à louer ! Le principe est simple : un détenteur de voiture signe un contrat de location avec un autre privé. Ce dernier, moyennant un prix inférieur de 30 à 40 % par rapport aux tarifs des loueurs professionnels, utilise alors la voiture. Une assurance est prévue, le système est rôdé et efficace. La société reverse 70 % du montant de la location au propriétaire. Les plus actifs peuvent gagner jusqu’à 150 € par mois. Plutôt séduisant quand on sait qu’une voiture particulière n’est en moyenne utilisée que 6 % du temps ! Qui, autour de votre table, serait prêt à ainsi rentabiliser sa voiture ? Qui serait tenté, en tant que locataire, par ce genre d’opportunité ?

D’autres formules existent, en ce compris en Belgique. Il y a le partage de voiture. Pas seulement celui de type « cambio ». D’autres formules, plus « privées », se pratiquent. C’est ce qu’on appelle l’autopartage. Plusieurs personnes sont en fait propriétaires de la voiture. Particulièrement efficace entre auto-partageurs géographiquement proches, le système optimalise l’utilisation du véhicule tout en réduisant les coûts pour chaque usager. Le service Autopia de Taxistop aide à la mise sur pied de ces carsharings privés.

Avec ces deux déclinaisons des nouvelles approches en matière d’utilisation des voitures, vous êtes assuré d’avoir de la vie dans la chaumière !

A l’heure du dessert, ultime proposition de sujet de conversation « tendance » : demandez à chacun d’évoquer un produit découvert, goûté lors d’un séjour à l’étranger, et qu’il ne peut trouver ici. Sortez alors votre botte secrète : les services de livraison participative ! Ils permettent pour pas un rond, ou presque, de se faire ramener des produits du monde entier. Cela passe par le web. L’idée est de connecter des personnes en recherche d’un produit, d’un objet…avec celles et ceux qui voyagent et peuvent le ramener. Les premiers postent sur les sites ce qu’ils recherchent, les seconds là où ils vont. Lorsque c’est compatible, la livraison se fait sans autre forme de contraintes. L’usage prévoit juste que le demandeur fasse rimer voyage avec partage en proposant, en échange du service, un « petit quelque chose » (une visite de sa ville, un verre, un repas…) des récompenses prévues dès le début de la transaction. C’est bien sûr économique, mais aussi écologique. Ces trajets sont déjà programmés. Ils sont en fait optimalisés. De plus, à l’expérience, les produits recherchés ne se trouvent en général pas dans les circuits de grande distribution. Ces livraisons fonctionnent principalement avec des producteurs locaux et artisanaux. On peut ainsi être « globalvore » dans un esprit « locavore » 

Les principaux sites sont http://www.swopera.com , http://www.piggybee.com et http://www.mmmule.com

Bon appétit quand même !

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